Qu'est-ce qu'une crémation?

Cette page a pour objectif de vous expliquer succinctement en quoi consiste la crémation.

La crémation est une technique funéraire visant à brûler et réduire en cendres le corps d'un être humain mort.

Mais encore ? 

La crémation est le procédé qui rend les restes humains en composants chimiques basiques tels que des gaz et des fragments d'os. Le processus est accompli grâce à de hautes températures et un apport d'air dans la chambre de crémation.

C'est la transformation décente et hygiénique du corps en cendres grâce à des équipements conçus spécialement à cet effet. Le corps, placé dans un cercueil, est introduit automatiquement dans un four préalablement chauffé à une température d'environ 850°C.

entrée dans le four

Le cercueil fait son entrée dans le four

Sous l'effet de la chaleur, et non des flammes, l'autocombustion du corps et du cercueil dure environ une heure trente.

le cercueil prend feu

Le cercueil prend feu peu après son entréematière osseuseA la fin les restes sont constitués principalement de matière osseuse

   matière osseuse broyée

Cette matière osseuse est réduite en minuscules fragments à  l'aide d'un broyeur

Depot des cendres dans l urne

Les cendres, identifiées, sont finement broyées et recueillies dans une urne cinéraire qui pourra, elle-même, être placée dans une urne funéraire à caractère plus décoratif.
Il existe plusieurs sortes d'urnes fabriquées à partir de divers matériaux, tels le bronze, le marbre, le bois, etc. L'urne cinéaire devra être étanche afin de bien protéger les cendres qu'elle contient. Par la suite, l’urne cinéraire peut être mise dans un columbarium, déposée à l’intérieur d’un caveau, scellée sur un monument,  inhumée dans  une propriété privée ou immergée dans la mer.

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Pourquoi la crémation ?

La destination de son corps après la mort résulte d’un choix personnel qui doit être totalement et parfaitement respecté, qu’il soit dicté par des raisons d’éthique, de respect de la nature ou d’hygiène (les cendres ne polluent ni l’air, ni la terre, ni les eaux). 

La crémation est un mode moderne, légal (comme l’inhumation), de funérailles permettant la transformation des dépouilles mortelles en cendres parfaitement neutres, dans des installations conçues à cet effet (crématoriums). 

La crémation apporte donc une solution à la fois rationnelle et hygiénique :

     ♦ il y a beaucoup moins de pollution ;

     ♦ il n’y a plus de décomposition organique et donc plus de risque de contamination ;

     ♦ plus besoin d’immenses cimetières, véritables déserts de pierres, mais des Columbariums, des Jardins du Souvenir ou des Cavurnes.

     ♦ Les frais d’obsèques sont moins importants car nous n’avons plus besoin de tombes coûteuses.

     ♦ et, c’est important, il n’y a plus d’interdiction de l’Eglise catholique pour la crémation depuis 1963.

     ♦ enfin, il est utile de rappeler que la crémation n’empêche ni le legs du corps à la science, ni le don d’organes. 

 La crémation existait, il y a des millénaires. Elle reste la solution de demain. 

La crémation en toute tranquillité.

L'Association les Crématistes du Nord tente d'apporter une information utile quant à la manière de franchir plus sereinement ces moments difficiles que sont la perte d'un proche.

La crémation n'empêche pas les funérailles, ni l'hommage au disparu, ni le cérémonial préparant les vivants à l'adieu. Elle s'accompagne, de nos jours, de la célébration de cultes religieux de toutes confessions ou de cérémonies civiles ou laïques telles que le défunt ou sa famille en a manifesté le vœu. Etre partisan de la crémation ne veut pas dire que l'on renonce obligatoirement à matérialiser son attachement au souvenir du défunt. Même si, pour une majorité, la dispersion des cendres demeure philosophiquement l’ultime étape, d’autres choix existent : l’urne contenant les cendres peut, soit être inhumée en pleine terre ou en caveau, soit être déposée dans une loge de columbarium. Si les cendres sont dispersées sur une parcelle de cimetière réservée à cet effet, un jardin du souvenir avec emplacements pour le dépôt des fleurs est souvent aménagé aux alentours ; il permet le recueillement des proches. Les cendres peuvent également être dispersées en mer ou sur le territoire d'un autre pays, si la loi de ce pays l'autorise.

Choisir la crémation comme mode de sépulture ne signifie pas davantage que l'on doive renoncer à certaines traditions comme celles qui nous invitent à nous recueillir régulièrement sur les tombes des êtres chers ou devant les jardins du souvenir. Toutes les pratiques de recueillement et d'hommage consécutives à une crémation sont légitimes et naturelles.

Aujourd'hui, les crématoriums sont amenés, de plus en plus, à proposer des cérémonies civiles aux proches du défunt, centrées sur l’écoute, le respect et la compréhension des familles en demande de solennité, de ritualisation et de communion. 

En ce sens, la crémation, loin de déshumaniser les obsèques permet précisément plus de souplesse, d’inventivité et surtout de réappropriation de ces moments particuliers que sont le deuil, la séparation et la disparition du corps du défunt. 

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Crémation et croyances religieuses.

La religion chrétienne.

D’une confession chrétienne à l’autre, la position n’est pas la même et il y a eu de nombreuses évolutions au cours de l’histoire. Ainsi, si en 789, la crémation était interdite par Charlemagne, et par la suite réservée comme châtiment aux hérétiques, elle est devenue licite pour la plupart des chrétiens à partir de la fin du 19ème siècle. Les églises protestantes l’autorisèrent à partir de 1887 car selon la théologie de la Réforme, la résurrection de la chair n’est pas en jeu : seule l’espérance en Dieu peut sauver et celui-ci offre une nouvelle vie indépendamment de l’état du corps. C’est sans doute pour cela que la plupart des pays où la religion protestante est dominante ont un taux de crémation plus élevé que le reste de l’Europe.

L’église catholique recommande l’inhumation mais n’interdit pas la crémation depuis le 8 mai 1963 (article 1176-3 du Code de Droit Canon) à condition que cette pratique ne soit pas choisie pour des raisons contraires à la foi chrétienne. L’église orthodoxe, rappelant l’inhumation de Jacob, la résurrection des morts et la vénération des reliques, prohibe la crémation. Toutefois, l’église orthodoxe de Grèce en admet la pratique depuis 2006. D’autres confessions chrétiennes sont tout aussi réservées : c’est le cas notamment des églises adventistes et presbytériennes.

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Crémation et croyances religieuses.

La religion bouddhiste.

Bien que cela ne soit pas une obligation, la plupart des confessions religieuses issues de cette tradition pratiquent la crémation. Elle a généralement lieu trois à quatre jours après le décès. La crémation est considérée comme une libération de l’âme et est généralement associée ou suivie d’une ou plusieurs cérémonies qui ont pour fonction de mettre en valeur les bonnes actions du défunt afin de l’aider à renaître. Certaines traditions, comme le bouddhisme tibétain par exemple, ont pratiqué la crémation beaucoup plus tardivement que d’autres. Les usages et rites varient considérablement d’une culture à l’autre, souvent influencés par les croyances locales.

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La religion hindouiste.

La crémation est une pratique majoritairement répandue dans toutes les branches issues de l’hindouisme, et ce, depuis plusieurs millénaires. Selon l’un des textes de cette confession religieuse, il est dit que l’homme naît trois fois au cours de son existence : à sa naissance, lors de son mariage et sur le bûcher. La crémation, troisième naissance de l’homme, permet la libération de l’âme du corps : celle-ci, voyageant d’abord à travers la flamme, puis l’air et le soleil, pourra rejoindre le Brahman. Il existe de très nombreux rites qui diffèrent selon les cultures et les croyances locales. Par exemple, selon certaines traditions, c’est le fils aîné qui doit allumer le bûcher. Les hindouistes y attachent une symbolique très précise. La fumée qui se dégage du corps qui brûle est un lien entre le défunt et les divinités. Une fois la crémation terminée, les cendres sont jetées dans le fleuve sacré, le Gange, au milieu des prières.

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Les religionsqui rendent obligatoire la crémation.

     ♦ le jaïnisme et le sikhisme.

Crémation et croyances religieuses.

La religion juive.

La crémation n’est pas pratiquée par les croyants, sauf à quelques rares exceptions. Les croyants juifs y voient en effet une désacralisation de l’œuvre créatrice de Dieu et un avilissement du corps humain. Il y a un devoir dans la religion juive de rendre à Dieu le corps dans l’état où il se trouve. Par opposition à l’inhumation, qui est un retour naturel à la création, la crémation est considérée comme une destruction par la main de l’homme. La prière pour les défunts est un devoir pour le croyant ; aussi est-il possible parfois qu’un temps de prière soit célébré avant une crémation, notamment par les juifs libéraux.

La religion musulmane.

L'islam est résolument contre la crémation. Dans le Coran, il est dit qu'on ne doit "pas modifier ce que Dieu a fait". De plus, en crémation, on est obligé d'avoir un cercueil, pas un corps seul, comme le préconise l'islam. La crémation n’est donc pas admise par le Coran, au même titre que toutes les pratiques funéraires qui ne respectent pas le corps (la momification par exemple). Pour les croyants musulmans, la sainteté du corps ne diminue pas avec la mort (ou le départ de l’âme) : ce qui fait souffrir un vivant peut aussi faire souffrir un mort. Il s’agit de permettre au corps de pouvoir ressusciter et c’est un devoir pour les croyants que de veiller au respect du corps d’un défunt.

Date de dernière mise à jour : 05/03/2018